A jours

« Je m’occupe de l’orchestration et des arrangements. Rythmique. Tissage. Texte. Texture. Vérifications multiples. Je sculpte. Je lime. Je cisèle. Je scelle mon rêve flottant dans le bloc résistant. »  

Extrait de L’Os de Dionysos de Christian Laborde

Le temps de partage. Le temps de me départir. De ce que j’ai d’étrange, d’étranger, de différences.
De dessiner un mouvement. Hors du cadre, vers l’extérieur. Vers l’autre. Vers l’inconnu. Ailleurs. Ici. D’esquisser une sorte de ligne de démarcation sur laquelle, je fictionne le réel où je dérive.
Le temps de transfigurer. Une succession d’instants. D’images/témoins concises comme un geste, qui fasse signe comme on hèle, qui frappe comme une note, nette dans sa fréquence et dans l’immédiateté de son appel.
Le temps de créer des jours dans la trame du temps. De capter, de détourer et de détourner des fragments du réel pour en habiller un paysage hors limite où conflueraient d’imperceptibles phrases, et d’imprévisibles motifs. Réitérés.
Le temps «de fixer des vertiges», comme l’écrivait Guillaume Bur.

Le temps de m’accorder. Du temps.De m’unifier. De tout ce qu’il y a d’images, de découpes, de détours, de points, de jours, d’armures et de mots en moi. De repriser la chaîne. De raturer un mouvement, des mouvements, des déplacements. Hors. Puis de faire demeure. Dans le cadre. Aux bords. D’esquisser ce qui m’apparaît, ce qui m’interroge. D’esquisser des sortes de lignes de partage sur lesquelles, je fictionne le réel où je file.

A FILS COMPTES
Le temps de traduire une succession d’instants. D’images/réceptacles concises comme un geste, qui fasse corps comme on hèle, qui interpelle comme un chant, net dans sa fréquence et dans l’immédiateté de son écho. Le temps de répliquer. Le temps de faire de l’espace à partir de petits morceaux, collectés, déconnectés. Des paysages suturés.

POINT DEVANT
Le temps de repriser l’inimaginable. De s’impressionner. L’art de se terre, de faire illusion ou d’apprendre de ce qui apparaît.